Prévention: Mon première amour, la course à pied

J’ai beaucoup de choses à dire au sujet de mes premières amours… la course à pied. Pour moi, il n’y a rien de plus libérateur que de sentir le sol sous mes pieds. Seule avec l’environnement au cours d’une course longue et ardue. Comme la popularité de la course de fond prend rapidement de plus en plus d’ampleur, il est facile de comprendre pourquoi beaucoup de gens sont d’accord avec moi. Or, en dépit de l’intérêt croissant que nous portons au sport, l’incidence des blessures de course demeure constamment entre 60 et 80 % et il se peut que ces statistiques soient à la hausse. Pourquoi donc la course cause‑t-elle tant de problèmes à ceux qui la pratiquent? Les charges verticales constituent un facteur qui contribue continuellement aux blessures de course. Quelles que soient la personne ou sa technique, un coureur touche le sol avec une force représentant d’une fois et demie à trois fois son poids à chaque pas. La force de réaction du sol constitue la réaction du sol à cet impact. C’est la composante verticale de cet impact qui nous intéresse – la charge verticale.

Des études prospectives et rétrospectives ont établi un lien répétitif entre la charge verticale et les traumatismes de course attribuable à la surutilisation. C’est pourquoi si nous pouvons apprendre à bien absorber cet impact, nous pouvons aider à prévenir l’épidémie de blessures de course. C’est ce qui a popularisé un grand nombre des conseils sur la course qui circulent maintenant. Nous expliquons ci‑dessous un exemple d’un schéma qui est maintenant un peu tristement célèbre.

Ce schéma illustre l’effet du choc du pied sur l’impact de la course et décrit exactement pourquoi la tendance à la course pieds nus et aux chaussures minimalistes est devenue virale. Le corps a une capacité naturelle d’atténuer les impacts verticaux et d’utiliser une méthode d’impact de l’avant-pied qui permet à ces phénomènes de se produire (comme atterrir sur l’avant-pied plutôt que sur l’arrière-pied lorsque vous sautez à la corde). Il y a quelques moyens de faciliter un impact du milieu du pied ou de l’avant-pied lorsque l’on court. On peut d’abord accroître la cadence de la course. On a découvert qu’une augmentation de 5 à 10 % de la cadence (ou une cadence normale de 180+/- 10 pas à la minute) encourage davantage la flexion plantaire du pied et fait plier davantage le genou au contact initial, et que l’impact du pied a tendance à se produire plus directement sous le centre de masse corporelle d’une personne.

Pour aider à comprendre une partie de ces connaissances biomécaniques, j’ai inclus une vidéo d’une coureuse comme exemple clinique de la façon dont les chaussures peuvent à elles seules modifier la biomécanique sur‑le-champ. La coureuse en bonne santé dans cette vidéo a été enregistrée dans trois situations : chaussures classiques (PECH), chaussures minimalistes et pieds nus.

 

Chaussures classiques (PECH)

 

Chaussures minimalistes

 

pieds nus

 

chaussures classiques (PECH), chaussures minimalistes et pieds nus

 

Toutes les vidéos ont été tournées successivement sans pause pour l’entraînement ni même repérage au cours de l’exercice. Cela aide à expliquer pourquoi l’impact vertical peut causer de la douleur et pourquoi on améliore la mécanique de la course pour absorber ces forces. La course minimaliste n’est pas pour tous, et l’adoption de chaussures minimalistes doit se faire graduellement et avec prudence, mais cette vidéo décrit comment les chaussures de course peuvent permettre d’effectuer ces changements et explique la popularité croissante de la course minimaliste. Il ne faut jamais oublier de consulter votre physiothérapeute avant de changer radicalement de chaussures de course ou de forme.

 

auteur

Amy Fahlman BSc PT, MCl Sc (manip) Fellow of CAMPT


RÉfÉrences

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