Dissipons sept mythes courants sur l’arthrite

Une personne qui souffre à cause de problèmes osseux ou articulaires peut éprouver de la difficulté à se mobiliser et à bouger. L’arthrite désigne un groupe d’affections dont sont atteints 4,6 millions de Canadiens de plus de 15 ans et qui causent des douleurs et une enflure articulaires1. C’est la principale cause d’invalidité au Canada, et ses répercussions sur la société sont en hausse2.

 

Sept mythes courants sur l’arthrite

Mythe 1 : L’arthrite est une maladie propre aux personnes âgées

Trois enfants canadiens sur 1 000 sont atteints d’une forme d’arthrite1. Trois Canadiens sur cinq qui reçoivent un diagnostic d’arthrite sont en âge de travailler1. Les affections arthritiques sont responsables d’une perte de productivité et de coûts liés à la santé d’une valeur de 33 milliards de dollars par année1.

 

Mythe 2 : L’arthrite fait partie du processus de vieillissement

L’arthrite est courante chez les Canadiens âgés, mais elle ne fait pas partie du processus normal de vieillissement. En fait, la polyarthrite rhumatoïde (PR) est les autres types d’arthrite inflammatoire sont des troubles auto-immuns1,3, alors que l’arthrose s’associe à un traumatisme articulaire et à l’obésité1. Puisqu’ils considèrent l’arthrite comme un aspect normal du vieillissement, de nombreux Canadiens ne vont pas chercher les traitements et les ressources dont ils ont besoin pour gérer leur état2.

 

Mythe 3 : Mes parents faisaient tous deux de l’arthrite, alors j’en ferai sûrement.

La génétique joue un rôle sur le risque d’arthrite3,4, mais d’autres facteurs comme des traumatismes et l’obésité sont plus étroitement liés à la possibilité d’arthrite2.

 

Mythe 4 : La gravité de l’atteinte articulaire à la radiographie a un lien direct sur la douleur et l’invalidité.

L’atteinte osseuse ou articulaire visible à la radiographie n’est pas nécessairement liée à la douleur ou à la perte fonctionnelle4. De nombreux facteurs contribuent au degré d’invalidité. En cas de PA avancée, il y a un lien entre l’atteinte articulaire et l’invalidité5, mais en cas de PA précoce5 et tout au long de l’évolution de l’arthrose4, le lien entre les modifications aux articulations et l’invalidité est beaucoup plus faible.

 

Mythe 5 : La course provoque l’arthrite.

Selon une étude réalisée en 2013 auprès de 90 000 coureurs, aucune donnée ne démontrait d’augmentation du risque d’arthrite à cause de la course. En fait, les personnes qui couraient au moins 12,4 km par semaine étaient moins vulnérables à l’arthrose6.

 

Mythe 6 : Si on fait craquer ses jointures, on favorise l’arthrite.

Il est vrai que les articulations très endommagées par l’arthrite peuvent émettre de forts craquements. Cependant, rien n’indique qu’en faisant intentionnellement craquer les jointures de ses doigts ou de ses autres articulations, on provoque ou on favorise l’arthrite7.

 

Mythe 7 : Seul un médecin spécialiste peut traiter l’arthrite.

Les physiothérapeutes peuvent vous aider à gérer la douleur et l’inflammation causées par l’arthrite en vous proposant des exercices pour atténuer la raideur des articulations et préserver la force musculaire afin de contribuer à limiter les effets invalidants de l’arthrite3. Si vous devez consulter un chirurgien en vue d’une arthroplastie (le remplacement d’une articulation), des physiothérapeutes participeront à vos soins tant avant qu’après l’opération, afin que vous retrouviez votre force et que vous maximisiez l’utilisation de votre nouvelle articulation.

 

Questions sur l’arthrite

Qu’est-ce que l’arthrite?

L’arthrose et l’arthrite inflammatoire sont les deux formes d’affections arthritiques. L’arthrose est une maladie articulaire progressive qui se manifeste lorsque les tissus articulaires endommagés perdent leur capacité normale de se régénérer, ce qui provoque une détérioration des cartilages et des os2. La PA est la principale forme d’arthrite inflammatoire. Elle s’associe à une inflammation, une douleur et une raideur des articulations, ainsi qu’à une inflammation systémique chronique, à de la fatigue et à une augmentation du risque de mortalité2.

 

Quelle est la cause de l’arthrite?

Il n’y a pas une cause unique à l’arthrite. En général, divers facteurs de risque contribuent aux modifications et à l’atteinte des articulations. Les facteurs de risque de l’arthrose sont les blessures, l’obésité, le vieillissement et les antécédents familiaux2,4. La PA est une maladie auto-immune qui se déclare seulement chez les personnes présentant à la fois une prédisposition génétique et un élément déclencheur qui active la réponse auto-immune responsable de l’inflammation, de la douleur et à la dysfonction articulaires3. On ne sait pas quel est l’élément déclencheur de la PA3.

 

Comment puis-je éviter l’arthrite?

La meilleure chose à faire en cas de PA, c’est de consulter votre médecin si vous vous mettez à avoir des douleurs articulaires, puis à respecter scrupuleusement les recommandations de traitement ou les orientations vers des spécialistes2,3,5. Lorsqu’on est atteint d’arthrite inflammatoire comme la PA, il est particulièrement important d’obtenir rapidement un diagnostic et d’entreprendre immédiatement le traitement. Selon certaines recherches, l’atteinte osseuse peut se résorber légèrement grâce à des médicaments antirhumatismaux5, et le traitement a des effets importants sur l’invalidité. Les patients qui attendent avant d’obtenir les conseils d’un spécialiste se retrouvent souvent avec une grave invalidité5.

Que vous soyez atteint d’arthrose ou de PA, le maintien d’un poids santé réduit le stress exercé sur les articulations et contribue à gérer les symptômes2,3. L’activité physique peut contribuer à contrôler son poids. De plus, les mouvements des articulations qui respectent l’amplitude naturelle peuvent les aider à rester en santé et à prévenir la raideur3. L’augmentation de la force musculaire peut atténuer l’invalidité qui accompagne souvent la PA3.

Faites preuve de bon sens pour éviter les blessures, tout en restant actif pour vous aider à vous prémunir de l’arthrose2 et à limiter les atteintes articulaires liées à la PA3.

 

auteur

Leanne Lorringer

Cet article provient du Physiotherapy Alberta College + Association. L’article original, en anglais, figure ici.

TROUVER UN PHYSIOTHÉRAPEUTE

en savoir plus sur l'arthrite

L’ACP présente ses références d’éducation comme service public et à des fins d’information seulement.
Le contenu n’entend pas remplacer les conseils, le diagnostic ou les traitements assurés par un médecin professionnel. Les opinions exprimées ne représentent pas nécessairement celles des membres de l’ACP.

L’Association canadienne de physiothérapie (ACP) représente les physiothérapeutes, assistants-physiothérapeutes et étudiants en physiothérapie du Canada. Les membres de l’ACP sont des professionnels de la réadaptation voués à la santé, à la mobilité et à la condition physique des Canadiens.

Les physiothérapeutes sont des professionnels des soins de santé primaires qui conjuguent leurs connaissances approfondies du corps et de son fonctionnement à des compétences cliniques pratiques spécialisées pour évaluer, diagnostiquer et traiter des symptômes de maladie, des blessures ou une incapacité.

Plus de 20 000 physiothérapeutes agréés travaillent au Canada, dans des cliniques privées et des hôpitaux généraux et de réadaptation, des centres de santé communautaires, des établissements de soins aux bénéficiaires internes et des résidences-services, des agences de visite à domicile, des milieux de travail et des écoles.