Blessure à l’épaule : comment j’ai évité une opération et un an de convalescence

flying trapeze, shoulder, pain, shoulder pain

Commençons par les présentations. J’habite à Ottawa. J’ai 37 ans. Je suis loin d’être une athlète d’élite mais je ne suis pas une maman tout à fait comme les autres. Je pratique la course à obstacles, un peu, beaucoup, passionnément, au point d’avoir cofondé l’une des plus grandes équipes féminines de course à obstacles du Canada. Bouger est pour moi essentiel :

  • je fais de la gymnastique une fois par semaine pour diversifier mon entraînement
  • j’apprends le tissu aérien : 2 à 3 cours hebdomadaires depuis un an
  • je me rends à Montréal une à deux fois par mois pour des cours de trapèze volant.

Mon niveau dans ces disciplines n’est pas particulièrement avancé, mais je suis très chanceuse de les avoir trouvées : elles me font me sentir vivante.

Sauf que, vous le savez, tout ne se passe pas toujours comme prévu…

Le jour où ma vie a basculé

J’ai commencé à avoir mal à l’épaule droite au mois d’avril. Le premier mai, après une longue journée de trapèze volant et de tissu aérien, j’ai su que quelque chose clochait.

Le pire restait à venir.

Le 6 mai, je consultais mon médecin du sport : impossible de lever mon bras droit à plus de 20 degrés et encore, à condition que je soulève mon épaule. Il a conclu à une déchirure du muscle supra-épineux, confirmée plus tard par l’IRM. J’étais privée de TOUTES mes activités préférées pendant au moins 12 mois.

Je ne me souviens plus très bien de la conversation qui a suivi. Mes pleurs couvraient sa voix. « Beaucoup de glace… repos complet… plus de trapèze… opération chirurgicale à envisager. » J’étais incapable de conduire pour rentrer chez nous, mon mari a dû venir me chercher.

J’étais inconsolable.

Mon mari devait aussi me laver les cheveux… à moi, moi qui grimpais à des cordes boueuses de plus de 9 mètres, moi qui escaladais les monkey bars comme si de rien n’était, moi qui voltigeais dans les airs. J’avais l’impression qu’on m’avait volé mon identité.

Ces activités n’étaient pas un simple passe-temps, elles étaient ma joie.

J’étais perdue.

Le plan B

J’ai annulé mon week-end de trapèze et j’ai passé la journée suivante, le White-Out à la main, à effacer mon calendrier, littéralement, et à me complaire dans mon malheur. Puis, je me suis reprise.

J’ai attrapé un carnet et j’ai commencé à noter. Chaque élancement, douleur ou pincement. Chaque étirement, chaque mouvement. Chaque sac de glace appliqué, chaque pilule avalée.

J’avais le choix entre ne rien faire ou faire tout mon possible. J’ai pris la seconde option.

La MPM

J’étais déjà entre de très bonnes mains, celles de Gen, alias la Meilleure Physio du Monde. J’étais impatiente d’avoir son avis. Je lui confiais mes inquiétudes en toute franchise et, très vite, je me rendais compte qu’on était sur la même longueur d’onde.

Être capable de ranger les assiettes sur l’étagère du haut ne me suffirait pas. Il me fallait remonter sur un trapèze et ce, sans opération chirurgicale.

Comme je ne pouvais pas bouger mon bras au début, c’est Gen qui l’a fait pour moi, le but étant d’éviter un blocage de l’épaule. Au bout d’une semaine, je travaillais mon amplitude de mouvement devant le miroir à la maison, en faisant bien attention que mon « mauvais » côté ressemble au « bon ».

La semaine suivante, Gen ajoutait d’autres exercices de mobilité et les progrès étaient au rendez-vous! J’avais du temps libre, malheureusement, alors pourquoi ne pas le mettre à profit? Pas de tissu aérien aujourd’hui? Autant faire de la physio. Oh, pas de gym ce soir? Autant faire de la physio. Un autre cours de trapèze annulé cette fin de semaine? Vous avez deviné… PHYSIO!

Rien ne sert de courir, il faut bouger à point

Je me rappelle la première fois où Gen m’a proposé d’aller au gym de la clinique. Je l’avais repéré dès mon arrivée. Une pièce immense, lumineuse et des appareils de muscu par milliers : traction, squat, barres en tout genre… De quoi faire s’agenouiller n’importe quel sportif!

On a commencé tout doucement par des exercices stabilisateurs, comme des élévations latérales et de la marche avec un poids sur la tête. Ce dernier sollicitait vraiment mes muscles, qui donnaient tout ce qu’ils avaient pour maintenir le poids en place. Mes directives? Exécuter les mouvements face au miroir et arrêter immédiatement en cas de douleur.

Semaine après semaine, je gagnais en amplitude de mouvement et en force. Gen continuait à me lancer des défis avec de nouveaux exercices : développé assis avec extension au-dessus de la tête, rétraction scapulaire, barre fixe. Et je m’exécutais en appliquant toujours la même règle : me reposer dès que j’en ressentais le besoin.

La surprise

Six semaines après, j’avais rendez-vous avec mon médecin du sport. Tellement de choses avaient changé depuis notre dernière rencontre.

Je lui ai montré le carnet que j’avais tenu à jour : 10 pages noircies de notes. Il m’a refait le même examen et a été ENCHANTÉ des progrès réalisés. De toute évidence, mon travail avait payé, m’a-t-il dit.

J’étais, d’après lui, « la parfaite tête d’affiche pour une réadaptation sans opération ».

Je lui ai demandé si je pouvais reprendre une partie de mes activités : six semaines de RIEN, ou presque, contre cinq jours sur sept d’entraînement intense du haut du corps, cela commençait à faire long.

Il m’a répondu que si ma physio, qui avait suivi ma progression et connaissait mon cas mieux que quiconque, était d’accord, il l’était aussi. Sans oublier de préciser que je ne devais pas reprendre cinq jours par semaine mais y aller progressivement et en douceur, afin de ne pas risquer de me blesser à nouveau.

Le 27 juin, huit semaines après ma blessure, je m’agrippais à un trapèze à nouveau. Douleur? Zéro.

L’entretien

Je poursuis mes séances avec la MPM toutes les deux semaines. Gen me fait faire de nombreux exercices de stabilisation et de renforcement, qui me garantissent une bonne posture. Je me sens plus forte que jamais!

On m’avait dit 52 semaines, je n’en ai eu besoin que de 8. C’est ce que j’appelle un prompt rétablissement! Et tout ça, grâce à la physiothérapie!

Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, il faut que j’essaie de comprendre comment diable on fait un relevé turc 😉

 

À propos de Kelly

Kelly Ripley (@kellyripley1) fait de la course à pied, de la course à obstacles, de la voltige aérienne et rêve d’atterrir un jour dans un cirque. Elle a fondé Canadian Mudd Queens (@CMQ_TheEhTeam), une équipe féminine de course à obstacles, qui compte 1000 membres. Son activité préférée? Trouver des façons de « s’entraîner par accident » en partant à l’aventure avec ses amis.

Trouver un physiothérapeute
En savoir plus